Le Cassan, c'est à dire, la maison Yserttout est à vendre. J'en ai marre. Ou bien il pleut, ou il y a trop de vent et maintenant il fait beaucoup trop chaud. Et quand il fait chaud, il y a trop de mouches, et comme je n'aime pas les mouches, je vais mettre le tout à vendre.
En plus des mouches, il y a les voisins. Ils sont sympa, oui, mais ils m'embètent.
Par exemple celui qui habite en haut: il ne travaille pas trop, mais quand il travaille, il sait choissir les meillieurs moment pour m'embeter et toujours devant mes yeux. Et ca m'ennuye. Prenons par exemple ce matin, Geert et Veerle étaient au marché à Villefranche et Luk et moi voulions en profiter pour passer un avant-midi tranquille et de faire de temps en temps semblant de travailler. Qu'est-ce qu'il vient faire, ce monsieur Pons avec son tracteur qui pue le gasoil? Il vient décharger une benette de buches de bois. Pendant un quart d'heure avec la main droite, puis il fait le tour de son tracteur, prend une demi heure de repos et continu a jeter les buches avec la main gauche. Vous pensez que c'est amusant de le voire travailler?
Il y a aussi les voisins à gauche. Ils s'habitent dans une grande ferme oü il y a déja tout le comfort nécessaire. Et tous les jours, ou presque tous les jours, ils m'invite à admirer le beau travail qu'ils ont fait. Croyer moi, ça fait mal. Moi qui essaye de restaurer une vieille petite ferme que j'ai payer beaucoup trop cher! Non, je n'aime pas les Américains ni les Irlandais, je n'aime surtout pas Le Cassan.
Et attention, ce n'est pas encore fini, parce-que, un peu plus bas habitent Lea et Roger Cayssials. Déjà le nom, Cayssials, trop difficile à prononcer pour les Flamands.
Roger, il travaille tout le temps. Il passe en vélo, à pied, parfois en voiture, mais toujours accompagné des vaches. Je n'aime pas les vaches qui produisent des grosses tartes juste devant ma porte. Et je m'enfous si se sont des Limousines, des Charolaises ou des Blondes.
Et quand il passe, Roger, c'est toujours avec le grand sourire, un homme heureux qui aime le travail. Il lève la main et il dit bonjours, bonsoir, parfois bon après-midi ou bon appetit. Mais qu'il me laisse tranquille, je n'aime pas sont grand sourire. D'ailleurs, à 61 ans, je trouve que j'ai le droit de me méfier des gens qui travaillent tout le temps.
Ah, j'oublie prèsque Lea, madame Cayssials. Elle pense d'avoir trouvé le système pour nous garder au Cassan et de nous séduire avec des petits cadeaux. Soyons sérieux mes amis Belges, Françaises et Français. Lundi une dizaines de patates, des toutes petites. Mardi des haricots verts et mercredi quelques haricots beurre. Je n'aime pas les haricots, je n'aime pas le Cassan.
A 61 ans, on a le droit de prendre sa retraite, de ne rien faire et de regarder les gens qui aiment le travail. Mais alors, si je veux voire des gens qui travaillent, peut-être il faut mieux rester au Cassan, à l'Yserttout? Et de ne pas le vendre, mème pas pour quelques dix-mille euro's, hors TVA? Je pourrais admirer le lancement des buches de bois de Christian et dire bonjours ou bonsoir, parfois bon après-midi ou bon appetit à Roger, pendant que je pèle des patates ou des haricots avec Lea. Pourquoi pas?
Je veux en profiter pour remercier chacun et chacune qui m'ont aider à réaliser la restauration de l'Yserttout et surtout, je veux en profiter pour vous encourager à continuer le travail et je vais vous admirer bien installé dans mon fauteuil, un pastis à portée de main.
Ah, que j'aime le Cassan.

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